Apostasie argentine


Ctrl-Alt-Delete por muchos datos personales.

Publié le 17 septembre 2018

Cet article trouve sa source dans un évènement réel récent, presqu'aux antipodes du continent européen.

En août 2018, des élus argentins ont choisi dans leur majorité de refuser la légalisation de l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) dans leur pays. Cette majorité d'élus aurait été largement influencée dans son vote par des institutions religieuses locales, en l'occurence catholiques romaines. Une large partie de la population ne s'est pas retrouvée dans ce vote de leur élus. Nombre d'entre eux ont choisi de sanctionner cette connivence entre politique et religieux par l'apostasie : elles ou ils quittent l'Eglise catholique d'Argentine, et demandent aussi en conséquence à ce que toutes leurs données personnelles soient effacées des registres de ces institutions religieuses.

Il s'agit de milliers de personnes, un précédent déjà historique à ma connaissance, et ce nombre d'apostats grandit chaque jour selon les associations qui les soutiennent. Le journal Le Temps (24 août 2018), ainsi que d'autres quotidiens établis en Suisse romande ou dans l'UE, ont rapporté davantage de détail des évènements. Le mouvement des apostats est équipé d'un site web très organisé, à jour, avec formulaires d'apostasie et de demandes de suppression des données ... (www.apostasia.com.ar)

Ce contexte est bien sûr tissé de convictions religieuses, philosophiques, politiques, et même d'économie : le nombre de personnes baptisées inscrites dans les registres de l'Eglise catholique en Argentine contribue à la détermination des subsides qu'elle reçoit de l'Etat argentin.

Cet article va cependant délibérément ignorer ces aspects et se concentrer sur cet excellent exemple des techniques d'application des lois sur la protection des données personnelles :

1) les situations sont-elles assez parallèles en Suisse ou Europe occidentale et Argentine, que pour autoriser une transposition ?

2) quels défis pour traiter des demandes similaires de suppression en masse de données personnelles en Suisse ou Europe occidentale ?

3) comment faudrait-il s'y préparer, en Suisse ?

4) et dans la pratique, toujours en Suisse ?

Je propose au lecteur de dérouler ce chemin sur cette page, dans les semaines qui suivent ...

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